Bangkok

Arnaques en Thaïlande, comment ne pas se faire avoir ?

L'essentiel à retenir

  • Exigez toujours la mise en marche du compteur dans les taxis et refusez systématiquement les courses forfaitaires improvisées.
  • Ne laissez jamais votre passeport original en guise de caution lors de la location d'un scooter ou d'un jet-ski.
  • Ignorez quiconque affirme qu'un temple est fermé pour vous rabattre vers des boutiques de tailleurs ou de faux saphirs.
  • Conduisez un deux-roues uniquement avec un permis international comportant la catégorie moto A pour éviter amendes et litiges.
  • Gardez vos objets de valeur et votre argent avec vous en cabine durant les trajets nocturnes en bus.

Drapeau thaïlandais flottant au-dessus des toits et chedis du Grand Palais à Bangkok.La Thaïlande a beau porter le surnom de pays du sourire, certains sourires cachent des mécaniques de rabattage parfaitement huilées pour plumer les touristes. Comme je l’expliquais déjà dans mon billet sur les arnaques à Phuket, chaque coin du pays a ses spécialités, mais le principe reste identique: profiter de votre naïveté ou de votre fatigue pour vous délester de vos bahts.

Entre les combines vécues moi-même sur place et les témoignages de voyageurs qui y ont laissé des centaines d’euros, voici les pièges à touristes majeurs à repérer dès la sortie de l’avion pour vous éviter des galères inutiles.

Le taxi

Si vous partez vers le sud, découvrez en détail les pièges spécifiques à l'île de Phuket.

Voir les arnaques à Phuket

Exigez systématiquement le taximètre avant de démarrer et fuyez les tuk-tuks proposant des trajets dérisoires à 20 bahts qui cachent des rabattages forcés.

Le taxi sans compteur en Thaïlande reste le grand classique du piège à touristes urbain. Dès que vous grimpez à bord, exigez fermement l’enclenchement du « taximeter ». À Bangkok, la prise en charge au compteur débute officiellement à 35 bahts pour une berline classique et à 40 bahts pour les modèles plus volumineux, tandis qu’à Phuket le tarif de départ grimpe d’office à 50 bahts.

Si le chauffeur refuse sous prétexte d’un soi-disant dysfonctionnement ou cherche à vous imposer un tarif forfaitaire exorbitant, n’engagez aucun débat stérile: descendez immédiatement du véhicule.

Méfiez-vous tout autant de l’autre variante redoutable, l’arnaque tuk tuk bangkok. Un chauffeur vous aborde avec un grand sourire pour vous proposer un tour complet de la ville pour 10 ou 20 bahts. En réalité, vous ne visiterez aucun monument: il vous baladera d’échoppe en échoppe (boutiques de faux saphirs, tailleurs de costumes bas de gamme) où il touche de juteuses commissions sur chaque vente forcée.

Les rabatteurs à l’aéroport

Dès la récupération de vos bagages passée, ignorez méthodiquement tous les individus en uniforme improvisé qui vous interpellent dans le hall des arrivées. Ces rabatteurs vous orientent systématiquement vers des limousines privées ou des courses non régulées facturées jusqu’à quatre fois le prix du marché. Suivez simplement les panneaux officiels jusqu’à la station de taxis régulés ou privilégiez les transports ferroviaires comme l’Airport Rail Link.

L’entourloupe commence d’ailleurs parfois avant même de poser un pied sur le tarmac thaïlandais: méfiez-vous des faux sites administratifs qui vous font payer au prix fort des formulaires d’arrivée ou des démarches de visa pourtant gratuites ou bien moins chères sur les canaux officiels de l’immigration.

La location de scooter

Ne laissez jamais votre passeport original en caution et filmez minutieusement l’engin sous tous les angles avant de signer le contrat de location.

Pour éviter le moindre litige lors d’une location scooter thailande piege, une règle absolue s’impose: ne laissez jamais, sous aucun prétexte, votre passeport original en guise de caution chez un loueur. Si un propriétaire malhonnête détient votre passeport, il a tout pouvoir pour vous faire chanter au moment de restituer l’engin en inventant des éraflures préexistantes. Laissez une caution en liquide ou une photocopie de votre document d’identité.

Avant de démarrer le moteur, appliquez ce protocole de bon sens:

  • Prenez une vidéo continue en haute définition du deux-roues en insistant sur le bas de caisse, les carénages, les rétroviseurs et les leviers de frein.
  • Faites inscrire noir sur blanc chaque rayure existante sur le contrat de location avant de signer.
  • Testez le système de freinage et l’état des pneus devant le loueur.

Le problème est rigoureusement identique avec la fameuse arnaque jet ski thailande, particulièrement virulente sur les plages de Pattaya ou de Patong. Les loueurs de motomarines attendent votre retour sur le sable pour prétendre que vous avez endommagé la coque sous l’eau et vous réclament des dizaines de milliers de bahts sous la menace d’une intervention musclée. Sans photos préalables ni contrat clair, évitez purement et simplement de louer ces engins sur les plages touristiques.

L’amende indue

Singe habillé d'une veste de patrouille avec l'inscription Monkey Police.Beaucoup de touristes crient au scandale face aux barrages policiers fréquents à Phuket, Chiang Mai ou Pattaya, mais la réalité juridique est sans appel: pour piloter légalement un scooter en Thaïlande, vous devez obligatoirement porter un casque homologué et présenter un permis international avec la catégorie A (moto) validée. Le simple permis B voiture français n’a aucune valeur légale sur un deux-roues en Thaïlande, quelle que soit sa cylindrée.

La police locale cible en priorité ces infractions évidentes. Pour éviter de payer une amende salée, voici les réflexes indispensables:

  • Roulez systématiquement casqué, feux allumés, même pour un trajet de deux minutes.
  • Gardez sur vous votre permis international muni du tampon moto A.
  • Si un agent vous contrôle, coupez le contact et gardez la clé dans votre poche au lieu de la laisser sur le démarreur.
  • En cas de verbalisation légitime, exigez un reçu officiel en bonne et due forme plutôt que de verser un billet glissé de la main à la main.

Il n’y a pas que les thaïs qui arnaquent

Qui aurait cru que des Français pouvaient arnaquer leurs propres compatriotes jusqu’au bout du monde ? C’est pourtant le quotidien de quelques escrocs expatriés qui ont fait de la manipulation de touristes un business à part entière.

La semaine de l’or

Certains Français qui vous entendent parler la langue de Molière sympathiseront avec vous autour d’un verre en vantant leur passion du pays et leur parfaite intégration. Une fois la confiance bien installée, votre interlocuteur vous annonce comme par magie que le gouvernement thaïlandais organise actuellement « la semaine de l’or », une brève période où les taxes sur les pierres précieuses et l’or seraient suspendues.

L’arnaqueur vous fait croire qu’il finance ses séjours en achetant des lots détaxés pour les revendre avec une énorme culbute en France. Il vous invite évidemment à l’accompagner chez son bijoutier de confiance pour profiter de l’aubaine. En pratique, les bijoux vendus sont de qualité médiocre voire totalement faux, et le compatriote si prévenant empoche jusqu’à 50 % de commission sur votre naïveté.

La fausse malade

Plusieurs voyageurs signalent également une dame francophone qui aborde les vacanciers désorientés en sanglotant: perte soudaine de bagages, hospitalisation urgente d’un enfant ou portefeuille volé. Elle vous supplie de lui avancer de l’argent liquide en promettant un virement de remboursement dès son retour en France, qui ne verra évidemment jamais le jour. Si vous voulez garder bonne conscience sans vous faire plumer, ne lâchez pas plus de 50 bahts, largement suffisants pour lui payer une carte SIM locale et appeler ses proches.

Les couples avec 50 ans de différence

Si vous débarquez avec vos 70 ans passés et croyez dur comme fer qu’une jeune femme de 20 ans tombe sincèrement sous votre charme en une demi-heure dans un bar de nuit, vous foncez droit dans le mur. L’industrie du charme thaïlandaise obéit à des codes mercantiles précis: l’intérêt initial est purement financier, et les scénarios de chantage affectif (le fameux buffle malade au village qu’il faut soigner à coups de virements mensuels) ont ruiné des dizaines d’expatriés crédules.

Ces dérives nocturnes touchent aussi les sorties festives ordinaires: dans les go-go bars douteux ou les faux spectacles de cabaret et « ping-pong shows », les rabatteurs vous promettent une entrée gratuite pour mieux vous séquestrer en fin de soirée avec une addition gonflée de milliers de bahts d’alcools prétendument offerts aux hôtesses. Consultez toujours la carte des consommations avant de commander et payez à chaque tournée.

Les sacs dans les bus et bateaux

Dans les transports longue distance, particulièrement les bus de nuit bon marché affrétés depuis Khao San Road vers les îles, ne confiez jamais vos biens précieux aux bagages de soute. Des complices s’introduisent régulièrement dans les soutes durant le trajet pour fouiller minutieusement sacs et valises, découpant les doublures et contournant les cadenas sans laisser de trace visible à l’arrivée.

Conservez vos espèces, cartes bancaires, passeports, appareils photo et téléphones dans un petit sac à dos fermé que vous gardez sur vos genoux pendant l’intégralité du trajet.

Où est la monnaie ?

Apprenez à reconnaître facilement les billets locaux pour ne plus jamais vous tromper lors du rendu de monnaie.

Comprendre la monnaie thaïlandaise

Profiter d’un séjour à l’autre bout du monde rend souvent distrait face aux nouveaux billets de banque. Comptez systématiquement votre monnaie dès qu’un commerçant, un chauffeur ou un caissier vous la rend en main propre.

L’erreur ou la mauvaise foi est fréquente lors des règlements en coupures de 1 000 bahts: certains n’hésitent pas à rendre la monnaie sur la base d’un billet de 500 bahts ou à escamoter 200 à 300 bahts en comptant sur votre empressement pour masquer l’arnaque.

« Mon ami cravate »

Vérifiez toujours par vous-même l’ouverture d’un temple et mémorisez le 1155, numéro d’urgence de la police touristique thaïlandaise.

L’autre grand piège urbain concerne l’arnaque grand palais ferme: aux abords des temples majeurs de Bangkok comme le Grand Palais ou le Wat Pho, un passant bien habillé ou un chauffeur vous assure avec aplomb que le monument est exceptionnellement fermé pour cause de cérémonie royale ou de prières. Tout sourire, il vous propose alors de vous conduire vers une attraction de substitution, qui se résume invariablement à la visite d’une fabrique de confection textile douteuse ou d’un atelier de fausses pierres précieuses.

La confection de costumes sur mesure reste réputée en Thaïlande, mais pour éviter le travail bâclé:

  • Ne cédez jamais aux rabatteurs qui vous hèlent sur les trottoirs ou sur la plage.
  • Passez commande dès les premiers jours de votre séjour pour permettre au moins deux à trois séances d’essayage et de retouches.
  • Ne versez qu’un acompte modéré et réglez le solde uniquement après avoir minutieusement vérifié les coutures et la coupe finale du vêtement.

Pour vos achats comme pour vos activités (que ce soit une session de plongée à Koh Tao ou une excursion en bateau), négociez toujours avec le sourire, fermement mais poliment. Enfin, en cas de conflit grave, de tentative d’extorsion ou de chantage de la part d’un loueur agressif, composez immédiatement le numéro d’urgence de la police touristique thailande 1155: ces agents anglophones sont spécialement formés pour intervenir rapidement et déminer les litiges opposant touristes et prestataires locaux indélicats. Restez vigilant sans sombrer dans la paranoïa, et vous profiterez pleinement de tout ce que ce superbe pays a à offrir.

Testez vos réflexes

  1. Que devez-vous faire si un chauffeur de taxi à Bangkok refuse d'enclencher son compteur ?

    • Payer le forfait demandé
    • Descendre immédiatement du véhicule
    • Négocier un tarif intermédiaire
    Afficher la réponse

    Descendre immédiatement du véhicule

    Descendre aussitôt reste la seule façon de refuser une surfacturation abusive et d'inciter le chauffeur au respect des règles.

  2. Quel document devez-vous obligatoirement présenter pour conduire légalement un scooter en Thaïlande ?

    • Le permis B voiture français
    • Une simple carte d'identité
    • Le permis international avec catégorie moto A
    Afficher la réponse

    Le permis international avec catégorie moto A

    Le permis voiture français n'a aucune valeur légale en Thaïlande pour les deux-roues, le permis moto international étant strictement obligatoire.

  3. Quel est le numéro d'urgence de la police touristique en Thaïlande ?

    • Le 1155
    • Le 112
    • Le 911
    Afficher la réponse

    Le 1155

    Le 1155 est la ligne d'assistance dédiée avec des agents anglophones pour dénouer rapidement les conflits touristiques.

11 commentaires

    1. Attention, si vous louez un scooter, ne laisser jamais votre passeport au loueur, même si celui-ci insiste pour le garder … Proposez lui simplement une photocopie … S’il ne veut pas, changer de loueur ..

      Une arnaque très connue également : le loueur qui vole lui même le scooter qu’il vous a loué … Et sans passeport, vous n’avez plus qu’à payer !!! Donc, quand vous louez un scooter, passer par quelqu’un de connu ou reconnu parmi les loueurs (par exemple quelqu’un de référencé sur un guide ou par l’intermédiaire de votre hotel ou guesthouse) et garé le scooter dans un droit sûr et gardé de préférence ….

      En ce qui concerne le rendu de monnaie, je n’ai jamais eu ce problème avec les Thaïs, au contraire je trouve les Thaï très honnêtes en général, bien au dessus de nos critères occidentaux ….

      1. C’est noté. Je n’ai pas loué de 2 roues en Thaïlande pour l’instant. Mais au Vietnam oui.
        Côté arnaque et facilité de voyage, la Thaïlande c’est le pays des bisounours à côté du Vietnam :$

  1. Ah, les arnaques ! C’est un sport international. Par exemple, j’ai vu un documentaire concernant les arnaques des Taxis à Nice. Leur spécialités semble-t-il. 🙂

    Les rabatteurs sont également présents dans de nombreux pays.

  2. Super intéressant. Comme on peut lire dans ton billet, il y a des arnaques plus graves que d’autres et il faut apprendre à relativiser. Il faut aussi différencier « mauvaise négociation » et « arnaque » (et apprendre à négocier, du coup!)

    L’histoire la dame malade me rappelle un mec dans le métro de Montréal qui demandait de l’argent pour différentes raisons, selon les mois. Il y avait a) J’ai le SIDA et le gouvernement ne paie pas ma trithérapie. b) je suis héroïnomane en sevrage et le gouvernement ne paie pas ma métadone c) j’ai une famille à nourrir.
    Je me disais toujours soit ça va vraiment mal, soit il ment et sous-estime la mémoire des usagers du métro…

  3. En parlant de monnaie, faites attention à toujours donner le montant exact car dans certains cas, on vous dira un grand merci pour le « pourboire »! Ca m’est arrivé en Thaïlande prés du palais lorsque j’ai acheter des toiles en tissu aux vendeurs « à la sauvette » .

  4. Tout d’abord Je voulais te féliciter pour ton blog comme beaucoup de personne l’ont fait car je le trouve très utile. Je pars en Thailande pour 3 semaines au mois d’aout, je compte me faire des costumes sur mesure à Bangkok dès mon arrivée. As-tu des informations ou je peux les concevoir (magasin, marché, MBK,…?), ainsi que le prix et les délais que je peux négocier ?
    Merci

    1. Salut Anthony, personnellement, je n’ai pas fait faire de costume en Thaïlande et pour cette raison je ne pourrai t’indiquer un endroit plutôt qu’un autre. A mon avis, pour plus de sérieux il est probablement préférable de voir du côté du MBK même si les prix doivent être bien plus élevés qu’en magasin de rue, etc…

      Pour les prix, il faut compter moins de 100 euros, car en zone touristique j’ai vu des magasins proposer 80 à 100 euros. Pour les délais, une semaine à 10 jours devraient être bons. Laisses une marge pour éviter les retards et ne paye pas la totalité avant la commande…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.